Démission de mes mandats politiques

Démission de mes mandats politiques

En revoyant mes priorités ces dernières semaines, venant d’avoir 29 ans, avec mon mariage à préparer et ma carrière professionnelle à préserver et renforcer, je fais le choix de quitter ma vie publique.

Mon engagement politique a débuté fin 2012 avec la création du parti centriste de Jean-Louis Borloo : l’Union des Démocrates et Indépendants, l’UDI. Engagé dans la fédération du Nord au côté de notre Présidente Valérie Létard, je deviens représentant départemental des jeunes puis membre de notre bureau politique en 2013. L’année suivante, c’est dans ma ville que je souhaite m’engager en soutenant le candidat Patrice Vergriete, actuel Maire de Dunkerque. Je deviens le 30 mars 2014 conseiller municipal délégué aux nouvelles filières économiques d’avenir. Au début de l’année 2015, c’est pour le département du Nord que je fais campagne en devenant le remplaçant de Paul Christophe, élu conseiller départemental le 29 mars, en binôme avec Martine Arlabosse. En fin d’année, c’est sur la liste de Xavier Bertrand pour la future région Hauts-de-France que je me présente : je deviens conseiller régional le 13 décembre 2015. J’ai conscience que cela m’arrive très rapidement et je souhaite m’y engager pleinement, en restant proche des Dunkerquois, qui m’ont élu. De nouvelles responsabilités m’ont été confiées depuis, dont une délégation au numérique à la ville, une délégation à la vie étudiante à la région auprès de Nicolas Lebas, un mandat au bureau national des jeunes de l’UDI, une campagne législative ou dernièrement la trésorerie de l’UDI du Nord. Peu de jeunes ont eu la chance de rencontrer des élus donnant une place aussi importante à la jeunesse. Cette confiance, je ne crois jamais l’avoir trahie depuis 2012, toujours présent et disponible pour tous, peu importe leur statut.

En parallèle de ces fonctions, j’ai également développé un riche parcours professionnel. Le même mois que l’élection municipale en mars 2014, je venais d’achever mon Master 2 en droit des affaires et finance sur Lille, avant de rejoindre le Luxembourg pour un stage de six mois dans le conseil fiscal international, décroché de nombreux mois auparavant. Celui-ci achevé, après être rentré les week-ends sur Dunkerque, je refusa l’offre qui m’était faite de rester pour me donner les moyens d’exercer mon mandat et donc de m’installer à Dunkerque pour rejoindre un autre cabinet, en octobre 2014, dans l’audit financier. Si je ne pouvais consacrer que mes soirs, week-ends et jours de congé pour satisfaire mon mandat municipal, cela ne pouvait suffire pour exercer convenablement celui de conseiller régional : j’ai alors dû réduire mon temps de travail professionnel, ce qui était possible grâce à l’indemnité d’élu se substituant à ma baisse de salaire.

Avec mes responsabilités dans la vie publique et l’intensification de mon activité professionnelle, que je n’ai jamais délaissée, m’investir pleinement dans ma vie personnelle devenait impossible. En revoyant mes priorités ces dernières semaines, venant d’avoir 29 ans, avec mon mariage à préparer et ma carrière professionnelle à préserver et renforcer, je fais le choix de quitter ma vie publique. En février, je quitterai l’ensemble de mes mandats à la ville, la région et mon parti pour rejoindre la région parisienne et ma fiancée et, ainsi, tourner une des plus belles pages de ma vie afin de débuter une nouvelle activité professionnelle.

Ces années ont été incroyablement enrichissantes mais surtout, j’ai le sentiment d’avoir été utile dans mes fonctions. Mes interlocuteurs étaient très nombreux, de tout milieu et de tout âge, pour me partager une difficulté, me soumettre une idée, me rencontrer ou encore m’assister. Mais l’étudiant-élu de 24 ans qui avait tout à découvrir n’est plus le « politique » d’aujourd’hui ; on ne s’imagine pas l’envers du décor, comme dans toutes les activités d’ailleurs. Cet envers du décor, quand on sort des actions de communication, de l’hémicycle filmé et des événements publics, est parfois rude et frustrant. Le système politique français, les administrations, le statut de l’élu, les partis ou encore nos mentalités manquent, à mon sens, de souplesse et de modernité mais je conserve ma passion pour l’intérêt public. Mes engagements futurs seront simplement différents.

Je remercie très sincèrement tous ceux que j’ai eu la chance de rencontrer : les habitants, les associations, les étudiants, les entreprise, les fonctionnaires, les collaborateurs, les élus, la presse, les représentants de l’Etat, … ceux qui m’ont apporté leur confiance pour me prendre dans leur liste et plus encore, pour m’avoir permis de travailler sur de nombreux dossiers. Je ne manquerai pas de clôturer les derniers dans les jours à venir et de réaliser les passations nécessaires. C’est aussi cela, être un responsable politique. Savoir s’arrêter si l’on est plus capable d’assurer ses fonctions et assurer la suite.

Le regard du citoyen sur l’élu est parfois lourd à porter, nourri par une présomption de culpabilité irraisonnée, de jalousie mal placée, d’incompréhension parfois justifiée mais trop souvent mal alimentée. L’incompréhension mène à la peur, la peur mène à la colère, la colère mène à la haine et la haine mène à la souffrance. Parfois, un citoyen devient élu pour de l’argent, pour une reconnaissance sociale, pour ne pas travailler, pour échapper à l’ennui, par complexe d’infériorité, pour la compétition … mais ce n’est pas, à mon sens, représentatif de la classe politique. Ce ne fut jamais mon cas. Parfois on ne verra pas un élu dans hémicycle, sans se demander s’il ne fait pas quelque chose de réellement utile au même moment. Parfois on ne verra pas un élu à un événement public, sans se demander s’il a été invité par les organisateurs. Parfois on verra un élu fatigué, sans se demander s’il dispose de ses soirs ou week-ends pour se reposer. Parfois on voit un jeune s’engager en politique, sans imaginer qu’il ne souhaite pas en faire son métier.

Je me suis engagé dans la vie publique pour améliorer la vie des Dunkerquois tout en étant exemplaire. En quittant Dunkerque dans quelques jours, je ne pourrai plus réaliser mes missions et la fonction d’élu ne s’exerce pas à distance. De ce constat, je ne souhaite pas attendre la fin de mes mandats, en restant indemnisé, pour simplement ne pas me représenter, quand bien même la pratique existe. Depuis la région parisienne, je resterai toujours Dunkerquois et je reviendrai dans ma ville, pour ma famille, mes amis et bien entendu me marier.

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